Audrey Niffenegger publie la suite du Temps n’est rien, écrite sur quatorze ans
Entre émeutes à Chicago et Londres sous les eaux, Life Out of Order prolonge Le temps n’est rien, un manuscrit retravaillé au gré des crises réelles.
En bref
- Life Out of Order compte 560 pages et suit Alba, fille de Clare et Henry.
- Le livre est paru le 6 octobre aux États-Unis, le 13 octobre au Royaume-Uni.
- L’écriture a démarré en 2012 et s’est étirée sur quatorze ans.
- Le premier roman a dépassé neuf millions d’exemplaires dans le monde, selon The Guardian.
Audrey Niffenegger revient avec Life Out of Order, qui prolonge The Time Traveler’s Wife (2003), titre qui a été publié chez nous sous le nom Le temps n’est rien. Cette fois, c’est Alba, la fille de Clare et d’Henry, qui reprend le récit. D’après ActuaLitté, quatorze années ont été nécessaires pour achever ce manuscrit.
Alba, ses amours et un monde instable
Le roman est sorti le 6 octobre aux États-Unis chez Hanover Square Press, puis le 13 octobre au Royaume-Uni chez Jonathan Cape, en 560 pages. Alba, qui est violoniste et compositrice, se déplace dans le temps sans pouvoir le prévoir, tout en contrôlant ses sauts un peu mieux que son père, sans jamais pouvoir changer les faits qu’elle constate. Son cœur hésite entre Zach, resté ancré dans le présent, et Oliver, qui voyage lui aussi dans le temps.
Le choix amoureux ne forme qu’une part du livre. Le lecteur traverse un Chicago agité par des émeutes, un Londres du futur englouti, la mystérieuse Yellow House ainsi qu’un musée virtuel consacré à des œuvres perdues. Entourée d’artistes et de militants, Alba cherche avec eux une entraide dans un monde toujours plus précaire.
Un manuscrit réécrit au rythme de l’actualité
Niffenegger a entamé ce roman en 2012, au moment où Barack Obama venait d’être réélu. Avant d’arriver en librairie, cette suite a vu défiler plusieurs présidents des États-Unis.
- Début de l’écriture, peu après la réélection de Barack Obama.
- Les manifestations qui suivent la mort de George Floyd bousculent les attentes de l’autrice.
- Sortie aux États-Unis, le 6, puis au Royaume-Uni, le 13.
Dans un entretien accordé au Guardian, l’autrice raconte qu’elle s’est figuré l’Amérique dans vingt, quarante ou soixante ans. Elle avait écrit une scène avec des néonazis avant que ce courant ne devienne plus visible, mais elle refuse de se présenter comme prophète : selon elle, les indices existaient déjà. Elle admet aussi avoir patienté jusqu’au dénouement de certaines crises bien réelles pour continuer à écrire. Le dérèglement du climat tient une grande place : cités submergées, manque de nourriture, interruption des services vitaux.
Des livres d’artiste au succès mondial
Avant de se lancer dans le roman, Niffenegger réalisait des livres d’artiste, qu’elle imprimait, illustrait et reliait elle-même, parfois en seulement dix exemplaires. Son premier roman, publié par la petite maison indépendante MacAdam/Cage, a transformé cette artiste de Chicago en romancière célèbre aux quatre coins du monde.
Ce succès lui a avant tout offert le loisir d’écrire, de peindre et de poursuivre ses recherches sur les arts du livre. En 2019, elle a créé à Chicago l’association Artists Book House, vouée à la reliure et à l’impression. Durant ces années sans nouveau roman, « les gens ont simplement oublié que j’existais », confie Audrey Niffenegger, écrivaine, au quotidien britannique.
L’empreinte du premier roman
- Dans le roman, Henry travaille à la Newberry Library de Chicago. Là, l’afflux de visiteurs était tel que l’équipe a rédigé un document destiné à répondre à leurs interrogations.
- Une version cinématographique est sortie en 2009, suivie d’une série diffusée par HBO en 2022.
- Côté français, Le temps n’est rien, paru chez Michel Lafon en 2005, a trouvé environ 31 500 acheteurs, en cumulant grand format et édition de poche.
Sollicitée par ActuaLitté, la maison Michel Lafon précise qu’elle ne s’est pas positionnée sur ce nouvel opus.
Photo : Rita K / Pexels