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Rendez-vous de l’Histoire, une émission en public à Blois

Irène Jacob lit Breton et Nadja, Grégoire Kauffmann raconte La Recluse de Saint-Flour, Damien Cuvillier dessine Rimbaud, et des élèves jurés sont reçus.

Nina Sauvageot Par Nina Sauvageot
3 min de lecture
Rendez-vous de l’Histoire, une émission en public à Blois
Deux personnes autour d’une table dans un studio d’enregistrement aux murs insonorisés bleus, avec des micros et des feuilles de notes.

Une émission de radio a posé ses micros devant le public de Blois, pour la 29e édition du festival « Les Rendez-vous de l’Histoire », avec Irène Jacob, Grégoire Kauffmann et Damien Cuvillier.

En bref

  • Le programme, mis en ligne par Radio France sur une page datée du samedi 10 octobre 2026, réunit trois métiers rarement assis à la même table.
  • Elle y ajoute un choix personnel parmi les parutions de la rentrée, le roman de Boris Bergmann.
  • Ensemble, ces voix dessinent une chaîne complète, de l’auteur qui écrit au professeur qui fait lire, jusqu’à la libraire qui recommande, autour d’un festival consacré à l’histoire.

Le programme, mis en ligne par Radio France sur une page datée du samedi 10 octobre 2026, réunit trois métiers rarement assis à la même table. Une comédienne, un historien et un illustrateur s’y succèdent, chacun venu avec un texte, un récit ou un album. La page résume l’ensemble en cinq mots qui sonnent comme une marche à travers le siècle et la poésie : Occupation, Epuration, révélation, admiration, illuminations. Les deux premiers renvoient aux années sombres de l’histoire française, les trois suivants glissent vers la littérature, la lecture et le regard porté sur les œuvres. Le dernier, au pluriel, fait écho au vocabulaire de Rimbaud, dont il sera question plus loin.

Trois invités, trois manières de raconter

Chacun des invités arrive avec un objet de travail précis. Le tableau ci-dessous les réunit, avec l’éditeur lorsque le programme le précise.

Invité Métier Œuvre présentée
Irène Jacob Comédienne Lecture de la Correspondance André Breton-Nadja (1926-1927)
Irène Jacob Comédienne Coup de cœur de rentrée littéraire, « Minotaure » de Boris Bergmann
Grégoire Kauffmann Historien La Recluse de Saint-Flour, récit paru chez Flammarion
Damien Cuvillier Illustrateur Les Cahiers de Douai, album publié par Futuropolis

Irène Jacob tient ainsi une double place. À Blois, c’est sa voix qui porte les lettres échangées entre André Breton et Nadja, la femme qui a donné son nom à l’un des livres les plus connus du surréalisme. Elle y ajoute un choix personnel parmi les parutions de la rentrée, le roman de Boris Bergmann. Une lecture d’archives d’un côté, une recommandation de libraire amateur de l’autre : le geste de la comédienne passe par le texte des autres.

Visiteurs qui feuillettent des livres sur un stand de salon
Un stand de livres : aux Rendez-vous de l’Histoire, l’émission en public reçoit une comédienne, un historien, un dessinateur et des élèves jurés. Source : Wikimedia Commons. Photographe : Batthini Vinay Kumar Goud. Licence : CC0.

Grégoire Kauffmann, lui, vient défendre un récit. Le titre, La Recluse de Saint-Flour, situe l’histoire dans le Cantal, et l’éditeur, Flammarion, l’inscrit dans une grande maison généraliste. Damien Cuvillier apporte la seule œuvre dessinée de la soirée, une adaptation des poèmes de Rimbaud regroupés sous le nom des Cahiers de Douai. Pour un lectorat attentif à l’illustration, c’est l’occasion d’entendre un dessinateur parler d’un travail fondé sur la poésie plutôt que sur un scénario original.

Les coulisses du livre, des lycéens à la librairie

Au-delà des auteurs, l’émission ouvre une fenêtre sur ceux qui font vivre les livres une fois imprimés. Trois rendez-vous complètent le plateau :

  • Le focus est consacré à Agathe Laurent, professeur d’histoire au Lycée Franklin d’Orléans, qui préside le Prix des lycéens du livre d’histoire. Deux élèves qui siègent au jury, Leïla Jlaiel et Doura Kanouté, l’accompagnent.
  • La Séquence du Libraire donne la parole à Gersende Guingouain, qui dirige la Librairie L’Esperluète, à Chartres.
  • Un autre titre figure enfin au programme, Papa la maison s’effondre, d’Alma Rechtman.

La présence de ces jurés lycéens rappelle qu’un prix littéraire tient aussi à des lecteurs anonymes, chargés de départager les ouvrages. Celle d’une directrice de librairie indépendante installée à Chartres prolonge ce fil, du côté de la vente et du conseil. Ensemble, ces voix dessinent une chaîne complète, de l’auteur qui écrit au professeur qui fait lire, jusqu’à la libraire qui recommande, autour d’un festival consacré à l’histoire.

Photo à la une. Source : Pexels. Photographe : cottonbro studio. Licence Pexels.